Inter-Environnement Bruxelles

Atenor ne perd pas le Nord !

Article publié le 12 octobre 2011.
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RÉGION BRUXELLOISE - Oyez, oyez, bonnes gens, réjouissez-vous : l’immobilier a bon vent... N’est-ce pas là un stimulant économique, une cure de vitamines pour la ville ? Mais pour quelle ville ?

Le groupe de promotion immobilière Atenor l’a bien compris. Côté en bourse et principalement actif à Bruxelles, il y construit des hectares de bureaux et de logements haut de gamme dans différents quartiers, et déborde d’attention pour les rives du canal.

Le projet “Up-Site” va sortir de terre en face de Tour & Taxis, pas moyen de le rater : ce sera la plus haute tour de logements de Bruxelles... Mais qui pourra se payer un de ses superbes appartements ?

Pour assouvir ses appétits démesurés, Atenor a pu compter sur le soutien de la Ville de Bruxelles qui lui a confectionné sur mesure un plan d’aménagement du sol.

Avenue Fonsny, près de la gare du Midi, Atenor a revendu les bureaux qu’il a récemment construits... avec de plantureux bénéfices, même si le quartier a été saccagé depuis le début des années 90 et ses habitants malmenés par les pouvoirs publics et souvent expropriés à bas prix.

De l’autre côté de la gare, les groupes Atenor et CFE caressent de grandes ambitions immobilières sous le nom de code “Victor”. Ce nouveau projet, avec ses trois tours de bureaux et sa mini-tour de logements, est une fois de plus complètement déconnecté des besoins de Bruxelles. Ici encore, une modification préalable des plans et réglementations d’urbanisme censés garantir l’équilibre entre les différentes fonctions (logement, bureau, commerce, hôtel...) a été nécessaire. Les communes d’Anderlecht et de Saint-Gilles se sont acquitté de cette petite gymnastique administrative sans rechigner. Manifestement, il ne se trouve personne au sein des pouvoirs publics pour couler les ambitions spéculatives d’Atenor.

Il n’y a donc pas de raison que ça cesse. Au quartier de la Petite Île à Anderlecht, Atenor vient d’acheter un terrain industriel de plus de 5 hectares qui nécessite lui aussi un coup de baguette magique (ou politique) pour se transformer en zone d’habitat... Les lois, on les utilise à l’endroit ou à l’envers selon les occasions, on se demande parfois à quoi ou à qui elles servent.

C’est sûr, Atenor ne perd pas le Nord... Mais, c’est à Bruxelles qu’il fait du tort !

Il l’a dit
« Alors, projet de luxe ? Non, il est clair que l’on s’adresse à un public aisé, mais je dirais plus haut de gamme et surtout destiné à encourager la mixité dans le quartier. »

(Stéphan Sonneville, Administrateur-délégué du groupe Atenor, à propos de la tour “Up-Site”, dans “L’Echo”, 28 mai 2008)