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Test : 11 applications d’horaires de transports en commun

Publié le samedi 25 février, par Olivier

Vision futuriste de Mobil2040

 

Durant plusieurs mois, Transports Collectifs Net a mis à l’épreuve 11 applications d’horaires de transports en commun. Pourquoi une telle panoplie d’outils pour le marché belge ? Existe-t-il un « maître-achat » ? Vous apprendrez (presque) tout dans les lignes qui suivent, avant de faire votre propre expérience. Le test a été réalisé à l’aide d’un FairPhone 2 sous Android version 5.1.

 

Trois familles d’applications

On peut aisément classer les applications disponibles en trois catégories :

  • Planification de trajet

Un itinéraire clairement détaillé avec les heures de départ et les heures d’arrivées, plus les minutes de retard éventuelles, pas étonnant que les applications officielles « SNCB » et « DB Navigator » aient opté pour cette présentation classique et efficace.

  • Prochains passages

« STIB mobile » part du principe que vous savez quelle ligne vous allez emprunter , c’est donc tout simplement la liste de ces lignes qu’il faut faire défiler jusqu’à trouver la sienne pour ensuite sélectionner son arrêt. « NextRide » préfère afficher en premier lieu les arrêts à proximité sur la base de la géolocalisation, ce qui est encore plus rapide.

  • On va où ?

C’est la question que vous pose « Citymapper » quand vous l’allumez, très similaire au Où voulez-vous aller ? de « Moovit ». Ces deux applications brillent dans le panel de solutions proposées pour un départ immédiat, quand on se trouve dans une ville qui offre de multiples moyens de transport.

 

L’application idéale

Autant vous le dire d’emblée, celle-ci n’existe pas encore ! Faire l’exercice de l’imaginer permet cependant de résumer les qualités des applications existantes (entre parenthèses ci-dessous)

  • Ergonomie : l’application doit être à la fois simple et rapide d’utilisation tout en offrant le maximum d’options (« SNCB »)
  • Multi-opérateurs : une application n’est pas complète sans inclure à la fois la STIB, le TEC, De Lijn et la SNCB.
  • Billets électroniques : un ticket acheté en quelques clics, à présenter sur l’écran de votre smartphone (« SNCB » pour le train, « 4411 » pour De Lijn)
  • Information en temps réel : le temps d’attente effectif s’affiche en temps réel (« SNCB », « STIB mobile », « Moovit », « Citymapper »), et cela pour tous les opérateurs (aucune à ce jour)
  • La marche est aussi un moyen de transport ! L’application trouve une solution quelle que soit la distance de marche complémentaire nécessaire (NextRide)
  • La recherche d’itinéraires affiche plusieurs solutions dans la durée (« SNCB ») et plusieurs itinéraires alternatifs (« Moovit », « Citymapper »)
  • Les gares, puis les arrêts de bus et enfin les points d’intérêts sont suggérés dans cet ordre lors d’une recherche (« SNCB »)
  • L’application offre une prise en charge pendant le trajet, à la manière d’un GPS qui vous guide de A à Z (« Moovit », « Citymapper »)
  • Les perturbations sont communiquées avec la raison (« SNCB » pour le train, …)
  • Les déviations temporaires sont prises en compte dans les résultats de recherche (« SNCB » pour le train, « STIB mobile »…)
  • L’application sait quand il faut rester à bord d’un véhicule lorsque le service qui suit est assuré par ce même véhicule (« Maps » pour le TEC)
  • Le fond de carte est libre de droit et collaboratif, comme OpenStreetMap (« Moovit »), et non pas propriétaire (Google Maps pour toutes les autres applications)
  • Un écran permet d’avoir en un coup d’œil les arrêts les plus proches et les prochains passages (Öffi).

 

Six applications phare :

« SNCB » :

L’application « SNCB » est rapide et assez ergonomique. Les horaires théoriques de la STIB, De Lijn et TEC sont inclus. Pour le train, les retards, modifications d’horaires et remplacements par des services de bus sont pris en compte. Les résultats de recherche sont relativement cohérents (parfois, la durée prévue pour la correspondance est un peu trop optimiste).

Points positifs :

  • L’application est très rapide d’utilisation, tant dans le temps d’affichage des résultats de recherche que dans l’utilisation de ses menus.
  • Les lieux et haltes pour lesquels vous avez déjà effectué des recherches sont proposés en premier lieu.
  • Il est possible d’acquérir son billet directement dans l’application (sauf les pass, vélos et chiens).
  • De nombreuses options et paramétrages en font un outil incontournable. Nous vous conseillons d’emblée le choix « aucun TGV ».

Points négatifs :

  • L’utilisateur néophyte aura tendance à confondre les gares avec les arrêts de bus. Bien que la gare d’une localité donnée est reprise en premier lieu, les arrêts de bus STIB ou TEC qui suivent ensuite dans la liste figurent en majuscule.
  • Pour certains trajets (au départ ou à destination de petites gares bruxelloises par exemple), l’application peut s’obstiner à rediriger vers un transport local (bus) si cela est jugé plus rapide. Or, il faudra alors payer le bus en plus du train. Pour corriger cela, il est toutefois possible de spécifier dans les options que l’on ne veut utiliser que le train.
  • Seules les données de la SNCB sont actualisées en temps réel, celles de la STIB, du TEC et De Lijn sont théoriques !

 

« STIB mobile » :

Cette application minimaliste donne en un délai record le temps d’attente à un arrêt donné, et ce en temps réel.
Il est également possible de chercher les arrêts les plus proches (géolocalisation) et les lignes par lesquelles ceux-ci sont desservis.

 

Points positifs :

  • La fiabilité des données est assez optimale.
  • Très efficace au moment où l’on s’apprête à emprunter une ligne donnée et tant qu’on ne quitte pas le réseau STIB.

Points négatifs :

  • Aucune donnée SNCB, TEC ni De Lijn.
  • Pas de vente de ticket.

 

« NextRide »

Application belge qui se limite pour le moment au TEC et à la STIB
Initiative bénévole de citoyens passionnés
Très appréciée des utilisateurs du TEC pour qui elle fait office d’application officielle.

Points positifs :

  • Consultation des horaires hors ligne (sans Wi-Fi ni 4G) à condition de les avoir téléchargés (ligne par ligne) au préalable.
  • NextRide est la seule application qui parvient à déterminer un itinéraire quelle que soit la distance à parcourir à pied. La plupart des autres applications estiment qu’il est « impossible » d’atteindre un point donné au delà d’un ou deux kilomètres de marche depuis/vers l’arrêt de bus desservi. Cette qualité rend NextRide indispensable en milieu rural.

Points négatifs :

  • Mauvaise ergonomie dans la recherche d’itinéraires (après avoir introduit l’origine et la destination, il n’y a qu’en cliquant sur la flèche « retour » qu’on peut voir apparaître l’icône qui permet de lancer la recherche)
  • Pas de temps réel

 

« Citymapper »

Application mondiale permettant d’optimaliser ses déplacements en ville.
Les autres modes de transport doux sont mis en exergue (vélo et marche à pied).
L’option Bruxelles couvre également toute la Belgique.

 

Points positifs :

  • Puissant moteur de recherche incluant STIB, TEC, De Lijn et la SNCB.
  • Sens de l’humour et sens du détail (où monter dans le métro en fonction de la configuration de la station de destination).
  • Temps réel pour la STIB et De Lijn.
  • Meilleure source d’information en cas de grosses perturbations à Bruxelles (lockdown…) mais pas en Wallonie (neige…)

Points négatifs :

  • Très étonnamment, le moteur de recherche (origine – destination) ne connaît pas le nom des arrêts TEC, et peine parfois même à trouver des localités.
  • L’application affiche de très nombreuses variantes de voyages mais uniquement pour un départ immédiat (exactement l’inverse de l’application « SNCB »)
  • « Citymapper » a clairement été conçue pour la ville, elle gère par exemple difficilement les nombreuses variantes qu’une ligne de bus rurale peut présenter.
  • De nombreuses erreurs dues à l’utilisation des fonds de carte de Google Maps. « Citymapper » pense ainsi qu’il faut 26 minutes de marche entre la gare de Marbehan et l’arrêt de bus pourtant situé à deux pas (capture d’écran ci-contre)

 

 

« Moovit »

Leader mondial des applications de transports en commun qui se base sur la collaboration et les données open source.
Elle repose entre autre sur les données de masse de ses utilisateurs (crowdsourcing ou externalisation ouverte).
Plus nombreux seront ses utilisateurs en mode navigation, plus ses données seront précises.

 

Points positifs :

  • Des 11 applications ici testées, Moovit est la seule à utiliser les données d’OpenStreetMap au lieu de Google comme fonds de cartes et repères géodésiques. Elle est ainsi l’unique à localiser correctement la gare de Lustin à l’écriture de ces lignes !
  • Les utilisateurs peuvent soumettre des modifications
  • Précision inégalée quant à l’affichage d’un trajet ou d’une ligne entière sur une carte
  • Seule application à détailler l’ensemble des variantes d’une ligne donnée (bien utile en province de Limbourg et de Luxembourg où chaque parcours d’un même numéro de ligne peut être différent)
  • Temps réel pour la STIB et De Lijn, horaires théoriques pour le TEC et la SNCB.

Points négatifs

  • Il faut être physiquement sur place pour soumettre une correction de position géographique d’un arrêt ou d’un gare
  • Résultats de recherches de trains moins lisible que l’application « SNCB », surtout en cas de correspondance(s).

 

« Maps » (Google)

À la base un outil cartographique.
Leader mondial dans l’établissement d’itinéraires.

 

Points positifs :

  • Les automobilistes voient systématiquement s’afficher l’alternative en transports en commun, à vélo et à pied.
  • Google Maps est le seul outil ici testé qui indique lorsque le voyage se poursuit à bord du même véhicule TEC. Exemple : pour aller de Ciney à Huy, le parcours jusqu’à Havelange est numéroté 126b et devient ensuite 126a. Dans la pratique, certains bus 126b au départ de Ciney poursuivent leur trajet sous le numéro 126a jusqu’à Modave ou même Huy. Problème : l’ensemble des autres applications vous font descendre du bus comme s’il fallait en attendre un autre. Google Maps vous dit simplement de rester à bord. Cela peut paraître anecdotique, sauf que si le bus redémarre immédiatement, il se peut que le temps de correspondance soit jugé insuffisant par les autres applications (ou par vous-même). Ce détail hisse pour l’instant Google Maps au rang des outils indispensables pour les aventuriers du TEC !

Points négatifs :

  • Aucun paramétrage possible.
  • Données strictement théoriques (pas de temps réel).
  • Grossières erreurs de localisations de gares (Lustin, Profondsart) et autres bugs (Coo, Trois-Ponts), qui malheureusement se répercutent sur les autres applications (sauf « Moovit » qui utilise les données de OpenStreetMap). Ci-contre, une capture d’écran de « Maps » où l’on constate que la gare de Lustin est localisée du mauvais côté de la Meuse et 4 km trop au nord ! Cela fausse évidemment toutes les recherches via cette gare…
  • Cette application est un puissant mouchard qui vous traque même lorsqu’elle n’est pas lancée. Elle requiert l’accès (entre autre) à l’ensemble de votre répertoire téléphonique et à vos SMS (sic !) Il est heureusement possible d’obtenir le même type de message « rester à bord du véhicule » en accédant à Google Maps via votre navigateur web à l’adresse http://maps.google.be/ ou, encore mieux, directement sur le site du TEC : http://www.infotec.be/

 

Encore d’autres applications…

Transports Collectifs Net a testé pour vous 11 applications en tout. Les avantages qu’offrent les applications suivantes ne nous ont pas paru probants :

  • « Be Trains » : alternative à l’application « SNCB », elle offre une façon inédite d’afficher les prochains départs. Les données tiennent compte des retards en temps réel. Peut être bien utile en cas de défaillance de l’application « SNCB », de même que « DB Navigator » (qui, lui, fonctionne dans toute l’Europe).
  • « Bruxelles Transports » : alternative à l’application « STIB », très similaire dans le fonctionnement, y compris le temps réel.
  • « Öffi » : alternative allemande à l’application « DB Navigator », elle inclut en Belgique les 4 opérateurs. Nous somme séduits par son onglet « Prochains départs à proximité » qui permet en un coup d’œil de voir les arrêts proches et les prochaines dessertes. Malheureusement, à l’heure d’écrire ces lignes, toutes les données sont fausses et mélangées… À surveiller de près, néanmoins !
  • « De Lijn » : Cette troisième et dernière application officielle inclut les horaires théoriques des 4 opérateurs mais uniquement sur le territoire flamand (+ Bruxelles et les bus De Lijn qui desservent la Wallonie). Très belle apparence, mais le manque d’ergonomie et pas mal de bugs ne nous ont pas convaincus.
  • « 4411 » : application servant à la base à payer sont ticket de parking, fort décriée par ses utilisateurs (seulement 2,8 points sur 5 de satisfaction). Celle-ci permet depuis peu d’acheter un ticket électronique De Lijn. Nous ne l’avons pas testée, rebutés par trop d’avis négatifs.

 

…et celle qui brille par son absence !

Eh oui, pas encore d’application TEC en vue. Et plus grave : aucune autre application n’arrive à obtenir les données en temps réel du TEC à ce jour. On espère que ces lacunes seront bientôt comblées, ce que laisse entendre ce lien : http://www.wallonie.be/fr/actualites/tec-utiliser-les-nouvelles-technologies-pour-signaler-en-temps-reel-les-perturbations-sur

Pour obtenir les horaires, perturbations et autre informations directement du TEC, il faut se rendre sur http://www.infotec.be/

Vous aurez alors le choix entre la version ordinateur et la version mobile.

La version ordinateur est efficace mais difficile d’usage sur un smartphone. La version mobile ne nous parait, quant à elle, pas du tout au point.

 

Conclusion

Vous l’aurez compris, il est difficile de se contenter d’une seule application de transports en commun dans la situation actuelle. Les prouesses techniques de « Citymapper » ou « Moovit » ne prennent pas encore en compte la déviation d’un bus TEC ni le retard d’un train. L’application « SNCB » est incontournable pour le chemin de fer mais laisse à désirer quant aux opérateurs régionaux (STIB, TEC et De Lijn). Enfin, dans certains cas rares, aucune application ne donne à ce jour la solution la plus évidente pour celle ou celui qui est prêt à marcher 15 minutes pour passer du bus au train.

Il faut ajouter que la situation pourrait (on l’espère !) rapidement évoluer, nous tenterons dès lors de tenir cet article à jour. N’hésitez pas à nous soumettre ci-dessous toute avancée que vous auriez constatée !

 

 

Voir en ligne : http://transports.collectifs.net/ap...

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Dernier ajout : 26 septembre.