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Appel de citoyens : "Il faut des moyens pour la justice, pas plus de prisons"

Publié le jeudi 23 février, par Annick Hovine

Des citoyens se mobilisent contre la construction de nouveaux établissements.

Le feu reste orange pour la construction de la mégaprison de Haren, un "village pénitentiaire" de 1 190 places censé, à terme, remplacer les prisons bruxelloises vétustes de Saint-Gilles, Forest et Berkendael. Si le permis d’urbanisme a été délivré, il manque le permis d’environnement. Ce projet a suscité l’opposition d’une large part de la société civile : une "Plateforme pour sortir du désastre carcéral" a vu le jour, réunissant des associations, des citoyens, des magistrats… pour dire "stop" à ce qui deviendra le plus grand établissement pénitentiaire belge. En vain jusqu’à présent.

Un terrible constat d’échec

Le gouvernement N-VA/Open VLD/CD&V/MR persiste. Le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), a même annoncé l’été dernier la construction de nouveaux établissements, élargissant ainsi son "Masterplan". Ces établissements sont prévus à Vresse-sur-Semois, Leopoldsburg et Wavre ; les prisons de Lantin, Verviers et Paifve seront, elles, reconstruites.

"Nous n’avons pas besoin de plus de prisons mais de plus de moyens pour la justice, l’accompagnement des détenus, la réinsertion, la solidarité", insistent ces citoyens qui invitent à signer un appel pour un moratoire sur la construction de nouvelles prisons en Belgique. En lieu et place, les signataires réclament un "Masterplan justice et solidarité" qui donne une place digne à chacun.

La privation de liberté comme (principale) politique pénale aboutit à un terrible constat d’échec, avancent-ils. La prison entraîne pour la plupart des détenus une désocialisation ainsi qu’une coupure avec l’extérieur (la famille, les amis…) et ne favorise en rien la réinsertion dans la société. Comment retrouver un logement, un boulot, une place dans la société quand on n’y a plus de liens ? Ou qu’on n’y a jamais eu d’accroche ? La plupart des détenus sont en situation de précarité : près d’un tiers sont analphabètes ; la moitié n’ont que le certificat d’études de base (CEB). Le taux de suicide est élevé derrière les barreaux.

Résultat de cette politique carcérale "obsolète" : près d’un ex-détenu sur deux est réincarcéré…

Voir en ligne : La Libre.be

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Dernier ajout : 24 octobre.