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Alternatiba : compte-rendu de la conférence Changement climatique, quel impact sur notre santé ?

Publié le vendredi 23 octobre 2015, par Xavier

Selon la définition de l’OMS, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. C’est donc par ces déterminants, notamment environnementaux et sociaux que la conférence traite de la thématique santé. Défini ainsi, la robustesse et l’accessibilité des systèmes de soins sont des déterminants majeurs, et entrent en synergie avec l’alimentation, la qualité de l’air ou encore le niveau de pollution chimique.

Introduction par Sophie Perroud, modératrice


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Des exemples concrets nous montrent en quoi le changement climatique impacte les systèmes de soins et quelles sont les pistes de solutions : ainsi la pollution atmosphérique a entraîné 7 millions de décès prématurés à travers le monde en 2012. Des rendements agricoles plus faibles accroissent la malnutrition et diminuent la capacité de résilience des habitants.

Plus généralement, l’objectif est de déplacer l’imaginaire collectif autour du changement climatique comme menace pour les ours polaires (au mieux éveil à la compassion générale poussant à des actions marginales) vers une humanité menacée d’extinction en tant qu’espèce et en tant que valeur (éveil d’un puissant processus identificatoire moteur d’action collective).

A l’occasion de la COP 21, l’OMS estime qu’un accord de santé public à l’échelle mondiale devrait être signé.
Pour aller plus loin :
plaidoyer de l’OMS sur climat et santé
10 mesures à prendre à l’échelle mondiale, nationale, locale et personnelle

Jean-Louis Ledecq, médecin ayant travaillé 40 ans dans des pays en développement

L’Afrique émet environ 2% des GES mais subit ou va subir des catastrophes climatiques et sanitaires sans rapport avec ce qu’elle émet. Les pays émetteurs se dédouanent facilement de leur responsabilité par les mécanismes financiers de compensations carbone.

On a ainsi constaté un très fort accroissement de la malaria qui prolifère au delà de 1200 m d’altitude du fait du réchauffement. La trypanosomiase de déplace aussi dans les zones où les populations ne sont pas immunisées. L’érosion de côtes menace les villes côtières, avec une augmentation des fréquences des ouragans et des tempêtes.

Le stress hydrique (manque d’eau ou inondation) sera de plus en plus courant, comme les fléaux de type invasion des sauterelles. Les services de santé publics seront mis sous pression et peuvent même devenir inopérants ou inaccessibles comme en cas d’inondation.

La pression de l’urbanisation d’un côté, la désertification de l’autre réduisent les espaces d’élevage, entraînant migrations (la mobilité est plus forte en Afrique centrale et de l’ouest) et fort impact culturel. La vulnérabilité des populations – principalement femmes et enfants – évolue avec l’accroissement de l’espérance de vie, ce qui amène un changement du modèle de santé des pays du sud tous les 15 ans environ. Ainsi, le nombre de personnes âgées va croissant, tout comme l’urbanisation (de 37% à 55 % dans 20 ou 30 ans en Afrique). Les politiques de santé et le rôle des décideurs évoluent aussi. Il y a 50 ans les soins étaient gratuits à l’hôpital ; aujourd’hui, par manque de financement, les systèmes de santé sont privatisés, avec les conséquences sociales et les injustices en terme d’accès au soin qui en découlent.

Le cas du virus Ebola est exemplaire : il s’est développé là où le système de santé était anéanti par une fiscalité permettant aux entreprises d’être exemptées d’impôts, entreprises dont la plupart avait leur siège dans les pays du nord... Ce virus s’est déplacé de son réservoir naturel du fait de la déforestation

En conclusion, ces facteurs déterminants sont rarement pris en compte :

  • physiques (sécheresses, inondations, bidonvilles)
  • socio-économiques : pauvreté, inégalités
  • comportementaux : religieux, culturels
  • politiques : privatisations, fiscalité

Les solutions existent : les communautés de population n’ont pas besoin d’experts du nord qui viennent leur dire comment faire. Elles ont à développer leur propre capacité d’agir. Les meilleures solutions ne sont pas les plus compliquées. Au contraire, faire simple répond à de nombreux enjeux au Sud. Les citoyens ont le droit de savoir quels sont les risques en matière de santé publique liés aux choix technologiques des entreprises ou de la recherche. L’utilisation des pesticides en agriculture, ses conséquences pour les utilisateurs directs et dans l’alimentation est révélateur de la manière dont nous devons revoir le système agro-alimentaire de nos sociétés.

Valérie Xhonneux, Inter-Environnement Wallonie

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Même si les politiques d’adaptation aux changements climatiques ne luttent pas contre les causes, celles-ci sont importantes, et en particulier dans les pays du Sud !
Ainsi, les pollutions chimiques réduisent la capacité de résilience de l’environnement comme celle des humains. IEW intervient sur les produits chimiques en siégeant au Conseil Fédéral du Développement Durable (CFDD) qui remet des avis à la ministre en charge de l’environnement, actuellement Marie-Christine Marghem. D’un côté, le Service Public Fédéral Environnement, sécurité de la chaîne alimentaire et santé publique, dispose d’une Agence des Produits Chimiques qui surveille le marché et bloque parfois des importations de produits présentant des dangers pour la santé publique. De l’autre, au CFDD – organisme de concertation – les associations dialoguent avec les syndicats et les fédérations professionnelles pour formuler des avis sur les normes de produits, ce qui n’est pas toujours simple !

Annika Cayrol, SchoneluchtBXLairpropre

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Le collectif SchoneluchtBXLairpropre ou CleanAirBrussels est parti d’une réaction citoyenne d’un groupe de mamans qui ont leurs enfants dans la même école à Ixelles, lorsque le Plan Air Climat Energie (PACE) de la Région de Bruxelles Capitale a été mis à l’enquête publique (dont l’échéance était le 31 juilllet 2015). D’autres personnes se sont ensuite sont ajoutées. Le collectif a alors lancé une pétition et a formulé des réponses à l’enquête publique en demandant que le PACE soit plus ambitieux, avec des priorités claires et des actions concrètes planifiées.


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Le gouvernement Bruxellois, et en particulier la Ministre de l’environnement Céline Frémault,veut que ce plan soit adopté avant la COP21 à Paris pour pouvoir s’y rendre avec une réalisation. Mais pour cela, il faut que ce plan soit consistant ! A Bruxelles, les chiffres de la pollution atmosphérique et ses conséquences en termes de santé publique sont alarmants. Cf à ce sujet les dernières nouvelles du collectif, qui poursuit ses pressions sur le Parlement Bxlois : lettre ouverte parue dans La Libre et De Morgen du 20 octobre 2015, actions de sensibilisation à l’occasion de la semaine de la mobilité fin septembre 2015... Toute personne intéressée peut leur prêter main forte ! Le collectif est encore tout récent et uniquement composé de bénévoles, avec le soutien de diverses organisations dont le BRAL, Brusselse Raad voor Leefmilieu (Conseil Bruxellois pour l’Environnement, équivalent d’Inter-Environnement Bruxelles, fédération des associations francophones).

Voir en ligne : http://www.associations21.org/Alter...

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Dernier ajout : 24 septembre.