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La 30 juin, énième mutation du réseau STIB. Une évolution qui n’arrange rien

Publié le jeudi 26 juin 2008, par IEB

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Ce 30 juin, une nouvelle convulsion va ébranler le réseau de la STIB sans s’attaquer aux problèmes de fond de la mobilité bruxelloise. La plate-forme SMoB[1] regrette que la STIB se soit vue dans l’obligation de s’engager plus loin dans un plan Tram-Bus qui, s’il permet — on ose l’espérer — d’améliorer la régularité et la fluidité des trams dans le tunnel Nord-Midi, va écarter dudit tunnel une série d’autres lignes et dès lors multiplier les « ruptures de charge » que les usagers exècrent !

La STIB sait que les doléances principales exprimées par sa clientèle concernent la scission des longues lignes et la restructuration de l’axe Nord-Sud. Ces deux évolutions majeures du réseau impliquent une multiplication des correspondances et cristallisent les frustrations. La STIB en est consciente et, derrière son optimisme de façade, elle reconnaît que les ruptures de charge sont « une solution de repli réalisée au détriment de la clientèle » [2] et ouvre même des lignes de soirée destinées aux « clients qui préfèrent limiter les correspondances » .

Bien que la STIB privilégie une optique de gestionnaire de réseau à une optique d’usager, elle n’est pas la première à blâmer. L’immobilisme de nombreuses communes pour mettre en place des solutions (contresens pour bus, sites propres...) et la mollesse de la Région de Bruxelles-Capitale qui leur emboîte encore trop souvent le pas (ex. : les aménagements de la chaussée de Charleroi, de la rue du Bailli, etc.) incitent la STIB à prendre des mesures particulières destinées à améliorer les lignes qui peuvent l’être au détriment d’autres qui vont s’engluer dans le trafic automobile. Les premières victimes des ruptures de charge sont les usagers et tout particulièrement les personnes à mobilité réduite.

Grâce à cette énième évolution, la STIB va améliorer son bilan chiffré et non la mobilité des usagers. Pour un réel progrès, il faut que tous les acteurs de la mobilité collaborent et prennent le problème à la racine : réduire de manière volontariste la pression automobile en donnant la priorité aux transports publics ! Cela passe par exemple par la télécommande des feux de signalisation pour que trams et bus ne perdent plus de précieuses minutes à l’arrêt et par la lutte contre le stationnement sauvage. Ce n’est que grâce à ce genre de mesures que l’attractivité des transports publics augmentera et que Bruxelles respirera.


[1] La plate-forme SMoB regroupe des associations et habitants défendant les principes d’une mobilité durable à Bruxelles. Elle regroupe : Inter-Environnement Bruxelles (IEB), Brusselse Raad voor het Leefmilieu (BRAL), Association de Comités de Quartier Ucclois (ACQU), Atelier de recherche et d’action urbaines (ARAU), NoMo-Autrement mobile, Bond van Trein-, Tram- en Busgebruikers (BTTB), Comité de défense des Habitants de Bruxelles-Centre, Fietsersbond, FOE Bruxsel, Groupement des usagers des transports publics à Bruxelles (GUTIB), Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens (GRACQ), Johanna vzw, La Ligue des Familles (Bruxelles), Placeovelo, Provélo, Wolu-Inter-Quartiers (WIQ), 4X4 Info.
[2] STIB : Plans directeurs Tram-Bus - Evaluation intermédiaire, p. 27. Document transmis à la Commission de l’Infrastructure du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale en date du 29 avril 2008.


Prises de position

Dernier ajout : 6 décembre.